La cale sèche de Tadoussac menacée
8 octobre 2026
Si, d’entrée de jeu, la cale sèche de Tadoussac représente un intérêt patrimonial indéniable selon l’Université Laval et l’historienne Gaby Villeneuve, son avenir semble toutefois bien sombre selon un reportage récent de Radio-Canada.
Un peu d’histoire
Dans « l’inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel » de l’université Laval, l’on peut lire que la cale sèche de Tadoussac est unique au Québec et fort probablement dans toute l’Amérique du Nord. « Il s’agit d’une crique naturelle dont on ferme l’ouverture à l’aide d’une porte étanche. Au plus fort de la navigation des goélettes sur la Côte-Nord, elle était au cœur des activités économiques de la localité. Alors que l’on retrouve des cales sèches dans la plupart des régions maritimes du Québec, la principale caractéristique de la cale sèche de Tadoussac est qu’elle est naturelle. La navigation fluviale étant maintenant l’affaire des paquebots, les petites cales sèches du même type de celle de Tadoussac deviennent des témoins importants d’une époque révolue de la petite navigation commerciale. Encore aujourd’hui, la cale sèche est utilisée pour entreposer les bateaux en hivernement. »
Aujourd’hui
Tadoussac célébrait la fermeture de sa saison maritime lors de la traditionnelle rentrée des bateaux dans sa cale sèche le 28 septembre dernier. Dans un reportage diffusé à Radio-Canada sur l’avenir incertain de la cale sèche de Tadoussac, le reporter Lucas Sanniti explique que cette dernière, qui fonctionne au rythme des grandes marées et qui a été construite en 1932, est l’une des seules au Québec à permettre aux bateaux de venir s’installer sur leurs bers grâce au seul mouvement des eaux.
La Municipalité et les usagers de la marina, eux, s’inquiètent de la dégradation de l’infrastructure vieille de plus de 90 ans.
Cité dans le reportage de Radio-Canada, Éric Cyr, président du conseil d’administration du Carrefour maritime de Tadoussac et lui-même propriétaire d’un voilier, indique que la perte de la cale sèche aurait des répercussions importantes. Son organisme à but non lucratif priorise l’accès aux installations pour les résidents de la Haute-Côte-Nord afin d’y encourager le nautisme local, et beaucoup de ces plaisanciers, certains venant aussi d’ailleurs, dépendent de l’infrastructure.
Selon Claude Brassard, maire de Tadoussac, le problème réside dans l’usure avancée des portes de bois, qui n’ont pas été remplacées depuis 30 à 40 ans.
L’avenir du site serait ainsi plus qu’incertain, car remettre en état cette infrastructure unique en son genre coûterait plus d’un million de dollars. Au-delà de divers aspects administratifs particuliers, comme la propriété de certaines parties du lieu, la municipalité reconnait ne pas avoir les moyens de réaliser de tels travaux.
« Le conseil municipal fait de ce dossier l’une de ses priorités stratégiques et accentue la pression sur le gouvernement provincial depuis quelques années », a-t-on rapporté dans le reportage en question.























