Entretien d’un pilote automatique pour barre à roue – Partie 2: Dernière étape : la reconstruction
5 novembre 2026
La première partie de cet article se trouve ici.
Comme nous l’avons évoqué précédemment, que vous soyez navigateur à voile ou plaisancier à moteur, disposer d’un pilote automatique fiable à bord est un atout précieux. Il vous permet de vous reposer et/ou de manger en navigation tout en gardant un œil sur votre bateau. Au moindre doute sur la fiabilité de votre pilote, n’attendez pas. Son entretien préventif est non seulement économique, mais il permet aussi de pouvoir s’y fier en tout temps. Le faire bien avant que les pannes ne surviennent, comme je l’ai constaté lors de mes recherches sur le sujet, est donc un gain de temps et d’argent considérable.
Mon pilote automatique est un Raymarine TS4000+ Autohelm avec liaisons SeaTalk. Bien que je possède un voilier, ce même appareil est très répandu sur les bateaux à moteur équipés d’une barre à roue, comme des grandes unités de croisière et celles de type « trawler ».
Le démontage de la partie avant de l’appareil était indispensable pour pouvoir remonter l’ensemble et nettoyer chaque pièce à l’eau douce. Les roulements ont été placés dans un récipient en plastique contenant de l’eau savonneuse, secoués, puis posés sur un torchon pour séchage. Tous les autres composants ont été nettoyés uniquement à l’eau courante.

L’accumulation de saleté et de poussière au fil des ans était bien visible une fois l’appareil ouvert.
NOTE IMPORTANTE : n’utilisez aucun solvant ni détergent pour le nettoyage. Une éponge, une vieille brosse à dents et de l’eau douce suffisent. Si l’utilisation de savon est nécessaire, utilisez un liquide à vaisselle doux et rincez abondamment. De plus, et c’est très important, N’UTILISEZ AUCUN PRODUIT LUBRIFIANT.
Après avoir tout nettoyé et séché, il était temps de remonter les pistes de roulement. Cette opération exigeait de la dextérité et de la patience. Une fois la plaque de retenue et la courroie d’entraînement retirées, on met en place chacune des trois bagues de retenue des roulements, puis on insère les billes une à une dans leur logement respectif.

Les trois bandes noires de roulement sont ajoutées lors de l’insertion des billes, une par une, dans leurs cavités respectives.
Une fois chaque piste de roulement en place, le grand anneau de retenue noir doit être délicatement clipsé.

La bague de retenue du roulement noir est remise en place. Notez la flèche indiquant où aligner le couvercle pour le remontage.
On installe ensuite la courroie, les cames de tension et d’engagement, puis la plaque de retenue et les fameuses vis. Enfin, on remet en place les deux moitiés de l’appareil en les clipsant à l’aide des flèches intégrées aux composants, qui indiquent leur position.

Le mécanisme d’entraînement a été remonté et réinstallé sur la roue.
Il est important de mentionner les deux orifices oblongs situés sur la partie avant de l’appareil. Ce sont des ports de rinçage à l’eau douce. Si vous naviguez en eau douce, pensez à y envoyer de l’eau chaque fois que vous nettoyez le bateau au boyau d’arrosage. Il suffit de rincer ces ports en faisant tourner la roue à plusieurs reprises.

Orifice de rinçage à l’eau douce. Utilisez un boyau d’arrosage pour rincer à l’eau douce tout en faisant tourner la roue d’un bord sur l’autre. En eau salée, rincez à l’eau douce aussi souvent que possible.
Toutefois, si vous vous trouvez dans un environnement d’eau salée, il est fortement recommandé de rincer l’appareil à l’eau douce aussi souvent que tous vos autres accessoires afin de réduire les effets abrasifs du sel sur toutes les pièces mobiles.
Une fois l’entretien terminé, j’ai été surpris de constater l’amélioration des performances. Plus aucun bruit de vis desserrée, plus aucun crissement de poussière ni de saleté : l’appareil fonctionne comme au premier jour. Mieux encore, la fonction de réglage automatique est désormais fiable et un vrai plaisir à utiliser.
Un dernier point, ou avertissement, pour ceux qui n’ont jamais démonté leur roue : soyez prudent lors du démontage, car la clavette peut facilement tomber et se perdre. Pour s’en assurer, lui passer un tour de ruban adhésif pour la maintenir en place est une bonne idée.

Un élément essentiel du système de direction est cette petite pièce anodine qu’on appelle la clé ; sans elle, tout le système serait inutilisable ! Veillez à ne pas la perdre.

Marc Robic est membre de NautiSavoir et navigue avec son épouse sur leur Catalina 270, Aquaholic 3. Basé au Yacht Club de l’Île-Perrot, dans la région de Montréal. Marc y a été maître de port pendant 16 ans. Lui et son épouse louent régulièrement des voiliers sans équipage dans les Caraïbes.























